Je ne suis qu’un client ordinaire, sans attache familiale particulière avec ces lieux, et pourtant… Il me paraît essentiel de vous raconter pourquoi ces établissements de campagne suscitent chez moi un tel attachement.
Tout a commencé par une rencontre virtuelle avec Carlos Ferreira, patron de la « Casa Carlos & Babeth » et du Vival, deux commerces voisins à Chidrac, près d’Issoire. Lui, originaire du Portugal ; moi, amoureux de ce pays. Nous nous sommes croisés sur ma page Facebook « Le Portugal pour les curieux », et un premier café partagé à son comptoir a scellé notre amitié. Le café : ce rituel universel de la convivialité, de l’échange, de la fameuse pause-café… Depuis, c’est devenu un rendez-vous quotidien. Lui travaille, moi je démarre la journée doucement, entouré d’autres amis de comptoir, dès 6h30 du matin.
C’est la Casa Carlos qui m’a donné envie de créer ce guide. Je ne fréquentais pas, auparavant, ce genre d’endroits. Aujourd’hui, mes débuts de matinée sont rythmés par les mêmes visages, les discussions qui vont de la géopolitique à la brocante du coin. Grand buveur de café, je papote une bonne demi-heure avec d’autres amateurs de café, de bière ou de petits rosés. Chacun son rituel, ses plaisirs, ses habitudes. Jean-Louis et Paulette, Jeannette, Pascal, Dom’, David… Ils sont là tous les jours. Pour eux comme pour moi, ce rendez-vous a des allures de nécessité.
On y refait le monde, on parle fort parfois, mais on se respecte toujours. Une absence prolongée d’un habitué et l’inquiétude monte : on prend vite des nouvelles. Bienveillance, humour, légèreté et taquineries : l’esprit bistrot est là, comme je le retrouve ailleurs, en Haute-Loire, en Corrèze, dans l’Hérault, ou au Portugal.
Les petits cafés et commerces multiservices de nos campagnes, je les adore. Ce sont les derniers bastions de la convivialité rurale. Il m’a semblé important de les valoriser. À mes yeux, ils incarnent encore des valeurs rares : gentillesse, simplicité, mélange des générations, ouverture à l’autre. Leur clientèle est souvent d’une diversité incroyable, et l’on y croise une richesse humaine qu’on ne trouve plus ailleurs.
Alors bravo à celles et ceux qui reprennent ces lieux, parfois tels quels, parfois en les modernisant. Ils se lèvent tôt, se couchent tard, proposent mille services souvent peu rentables, et pourtant… ils nous offrent quelque chose d’essentiel. En agissant ainsi, ils redonnent vie aux villages, soutiennent l’économie locale et le circuit court. Ils entretiennent l’âme de nos campagnes.